Serge Margel
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Dear Readers,
this is my second posting of thoughts by the important french philosopher Serge Margel, who has written several admirably well written and thoughtful books in various fields (i.e. aesthetics, political theory, the theory of modernity and the problem of political theology and and the deep problematisation of the logic of secularisation). Margel is one of the few disciples of Jacques Derrida, who is working in the spirit of Derrida without copying him. Today I have chosen a passage in french from his important book entitled "Destin et Liberté. La metaphysique du mal" (= Fate and Liberty. The Metaphysics of Evil) which was published in the year 2002.
Pour toutes les lecteurs françaises de mon blog, je suis heureux de présenter ici les troisièmes pensées du jour en français. Aujourd'hui, c'est encore le temps pour un passage d'un livre du philosophe Serge Margel. Cette foi c'est le livre important "Destin et liberté. La métaphysique du mal" (Paris: Galilée 2002) sur le problème d'apparition et disparition d'un phénomène et la distinction kantienne du noumènal et phénomènal et la question du dernier instant:
"Chaque instant porterait en lui la menace d'être lui-même le dernier instant. C'est cela, la phénoménalité de la disparition du phénomène. Une menace de fin, une menace de mort. Devenue impossible en se réalisant, toute apparition phénoménale est menacée de se reduire immédiatement à l'horizon d'une disparition radicale.
On pourrait même aller jusqu'à dire qu'en se réalisant, l'instant d'apparition se menace "lui-même" de disparition. Cet instant est à lui-même sa propre menace. Mais il n'est que menace. Car, de même qu'il est toujours possible que cet instant soit le dernier moment, donc que l'impossibilité d'une possibilité phénoménale reste impossible une foi réalisée, de même il doit être possible que cet impossible apparition du phénomène comme telle réapparaisse en phénomène possible, mais comme fantome. Il n'y a là aucun nécessité, ni d'un côté ni de l'autre, sinon une pure nécessité de contingence.
En revanche, il est nécessaire qu'un jour l'apparition du phénomène disparaisse absoluement -donc qu'aucune réapparition ne soit désormais possible. En ce sens, c'est maintenant l'apparition de la disparition qui aura elle-même disparu.
La disparition du phénomène n'apparaîtra plus. Et c'est ce que l'on pourrait nommer la mort phénomènale d'un objet possible. En d'autre termes, si chaque instant d'apparition est intrinsèquement menacé d'être le dernier instant, sans être nécessairement cet instant, c'est qu'un jour, nécessairement, un instant sera le dernier instant.
Si, dans le monde phénoménal, on pouvait s'assurer - en concevoir la possibilité - qu'il existe au moins un instant qui n'est pas voué, par principe et par nécessité, à disparaître absolument, alors on pourrait concevoir la possiblilité d'un monde réel, où la mort n'existe pas.
Un jour, l'instant d'apparition sera le dernier instant. on peut le dire aussi bien pour bien tout phénomène que pour le monde lui-même. Faut-il alors admettre maintenant que la principe de la nécessaire contingence du possible n'est plus valable ?
Il reste valable, mais à l'intérieur d'une certaine finitude. Qu'un jour un instant soit le dernier instant, donc que tout ce qui existe se réduise au néant, et que tout ce qui apparaît disparaisse radicalement, telle est la loi nécessaire du monde réel. Mais quel sera cet instant, où sera-t-il, et quand se produira-t-il, voilà ce qui doit nécessairement rester contingent. Mais voilà aussi ce qu'il y a d'infiniment menaçant. Chaque instant d'apparition subira cette menace, en ce sens qu'il sera confronté à une double nécessité." (99-100)
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